Les trottoirs : un parcours d’obstacles qui n’a plus sa place en 2026!
Bonjour chers lecteurs,
Aujourd’hui, j’ai envie de vous partager mon indignation devant une réalité que nous semblons avoir fini par accepter : l’état de nos trottoirs et les nombreux obstacles qui compromettent la sécurité des piétons.
Je suis une personne vivant avec une déficience visuelle. Comme bien d’autres citoyens, je me déplace à pied et j’utilise le transport en commun pour me rendre au travail, participer à mes activités, faire mes courses et, tout simplement, vivre de façon autonome.
Pourtant, ce qui devrait être un déplacement tout à fait normal devient trop souvent un véritable parcours d’obstacles!
Des trottoirs encombrés, des poubelles et des bacs de recyclage laissés en plein passage, des véhicules qui empiètent sur les espaces piétonniers, des branches d’arbres non élaguées, des panneaux publicitaires, des terrasses, des poteaux mal positionnés et des travaux qui nous obligent à faire des détours parfois dangereux.
Et que dire des trottoirs fissurés, inégaux, trop étroits ou des intersections difficiles à traverser?
Pour une personne qui se déplace avec une canne blanche, chaque obstacle représente un risque de collision, de chute ou de désorientation. Certains obstacles en hauteur sont particulièrement dangereux puisqu’ils ne peuvent pas toujours être détectés par la canne.
Mais le plus préoccupant reste à venir : l’hiver!
Chaque année, le même scénario risque de se répéter. Les rues sont déneigées, tandis que certains trottoirs demeurent enneigés, glacés ou difficilement praticables. Des bancs de neige bloquent les intersections, les passages piétonniers et parfois même l’accès aux arrêts d’autobus.
Résultat? Des piétons se retrouvent à marcher dans la rue, au milieu des véhicules, parce que la chaussée est plus praticable que le trottoir!
Est-ce vraiment normal qu’en 2026, une personne doive risquer sa sécurité simplement pour se rendre au travail ou faire son épicerie?
On nous encourage constamment à marcher, à adopter de saines habitudes de vie, à utiliser le transport collectif et à privilégier les déplacements actifs.
Mais comment peut-on promouvoir la marche lorsque les infrastructures ne permettent même pas de circuler de façon sécuritaire?
Quelle contradiction!
Et je tiens à le préciser : cette problématique ne concerne pas uniquement les personnes ayant une déficience visuelle. Elle touche aussi les personnes âgées, celles qui utilisent un fauteuil roulant, une marchette ou une aide à la mobilité, les parents avec une poussette et, finalement, l’ensemble des piétons.
L’accessibilité universelle ne devrait pas être un privilège ni une faveur accordée à quelques personnes. Elle devrait être une priorité dans la conception et l’entretien de nos espaces publics.
Ce qui m’indigne particulièrement, c’est que plusieurs de ces obstacles pourraient être évités par une meilleure planification, un entretien adéquat et un peu plus de civisme.
Je ne demande pas un traitement particulier. Je demande simplement de pouvoir circuler dans ma ville avec la même sécurité, la même liberté et la même dignité que les autres citoyens.
Les trottoirs ne sont pas des espaces de rangement, des dépôts de neige ou des stationnements improvisés. Ils sont des voies de circulation essentielles à notre autonomie.
Il est temps que nos municipalités, les commerçants, les propriétaires et les citoyens prennent collectivement leurs responsabilités.
Il faut des trottoirs dégagés, des parcours continus, un déneigement efficace, des intersections accessibles et des mesures concrètes pour éviter les obstacles.
Parce que derrière chaque trottoir impraticable, il y a une personne qui doit prendre des risques, modifier son trajet, demander de l’aide ou parfois renoncer à sortir.
Et lorsqu’une personne doit renoncer à se déplacer parce que son environnement n’est pas accessible, ce n’est plus seulement une question d’entretien municipal. C’est une question d’égalité, de sécurité et de participation à la vie sociale.
Alors, je pose la question :
À quand des trottoirs réellement accessibles et sécuritaires, été comme hiver?
Car marcher sur un trottoir ne devrait jamais devenir une épreuve de courage.
L’accessibilité n’est pas un luxe. C’est une nécessité. Et il est grand temps de passer des paroles aux actions!
Karine Descôteaux
Citoyenne vivant avec une déficience visuelle
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